Texte étudié

Deni Ellis Béchard et Natasha Kanapé Fontaine. Kuei, je te salue : Conversation sur le racisme. Montréal : Écosociété, 2016.

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ISBN 978-2-89719-251

 

Guide d’apprentissage

Introduction

L’amitié ne rend pas le malheur plus léger, mais en se faisant présence et dévouement, elle permet d’en partager le poids, et ouvre les portes de l’apaisement. – Tahar Ben Jelloun (Éloge de l’amitié, 1994)

La forme épistolaire, qui prend ses racines dans l’Antiquité gréco-romaine, s’est développée au cours des siècles, à travers le monde. Forme collaborative par définition, elle établit un contact et stimule un dialogue entre deux personnes, souvent représentant deux cultures différentes, sous forme de lettres qui trouvent leur unité dans une thématique choisie pour orienter les pensées des correspondants. Tout comme les lettres anciennes échangées par les philosophes gréco-romains, celles de Deni Ellis Béchard et de Natasha Kanapé Fontaine mettent en lumière des problèmes historiques, politiques et philosophiques qui impactent leur vie quotidienne et leur société. Cependant, la thématique de leurs missives, le racisme entre les Autochtones et les Allochtones du Canada, représente un nouveau chemin, voire le chemin le moins parcouru. En fait, cette thématique va directement à l’encontre des missives des auteurs colonisateurs de la Nouvelle France tels que Samuel de Champlain (Des sauvages) Gabriel Sagard (Le Grand voyage du pays des Hurons) ou Lahontan (Dialogue avec un sauvage), qui propageaient le grand mythe du bon sauvage, symbole d’un paradis perdu, ou celui du sauvage primitif et dangereux. Il s’agit, en quelque sorte, d’une forme traditionnelle retournée contre elle-même.

L’originalité de Kuei, je te salue nous amène à poser la question de savoir pourquoi nous évitons, au moins dans l’espace public, le sujet du racisme entre les Allochtones et les Autochtones du Canada ? Dans une publication chez les Presses de l’Université du Québec intitulée Racisme et antiracisme au Québec : Discours et Déclinaisons, Micheline Labelle observe une « non-prise en compte de la dimension autochtone » dans la structuration des représentations de l’altérité au Canada (et au Québec) et explique le problème de la façon suivante : « Des pratiques discriminatoires ont pu être intégrées de façon tout à fait routinière à différents processus bureaucratiques et dans la structure même de fonctionnement de différentes institutions ».[i] Dans une entrevue avec Radio Canada, Deni Ellis Béchard emploie le terme « racisme banal », que nous pourrions définir comme une ignorance, une xénophobie et une forme de discrimination tellement vieilles et répandues que gens les acceptent comme étant l’état « normal » et peu surprenant.[ii] Les gens ont-ils peur de perturber le statu quo, de bouleverser la hiérarchie en parlant de la haine généralisée et de la discrimination systématique qui caractérisent ce « racisme banal » ?  Enfin, comment envisager la réconciliation au sein de cette nation fondée sur le racisme colonial, s’il reste un sujet tabou ?

Pour Natasha Kanapé Fontaine et Deni Ellis Béchard, leur conversation sur le racisme s’est imposée et est devenue inévitable lors d’un Salon du livre de la Côte-Nord, auquel la première s’était rendue avec l’intention de « confronter une écrivaine québécoise populaire [Denise Bombardier] qui avait, dans un blog du Journal de Montréal, décrit la culture autochtone comme ‘mortifère’ et ‘antiscientifique’ ».[iii] Dans la première lettre de Kuei, je te salue, Deni décrit la confrontation et condamne la réaction de l’écrivaine controversée, ouvrant ainsi le dialogue en tirant de son comportement la conclusion que les Allochtones croient toujours avoir raison, ne savent pas écouter et condamnent l’Autre au silence, en voulant parler à sa place. Cette conclusion préalable est étayée dans l’échange qui se poursuit ; il s’agit d’un aveu de culpabilité évident mais depuis longtemps attendu par beaucoup d’Autochtones du Canada. L’auteur semble avoir reconnu, d’un coup, qu’aussi longtemps que les Allochtones nieront l’existence de ce racisme perfide au Canada, la rage anticolonialiste de ceux qui éprouvent l’inégalité réelle du système colonial ne saura s’atténuer car le révisionnisme et la dénégation continueront à bloquer tout chemin possible vers la compréhension mutuelle.

Il n’existe d’autre lieu que la salle de classe, où le dialogue sur le racisme soit plus difficile à aborder. Un dialogue ouvert, sans repère, dans une salle de classe diverse risque d’éclater pour des raisons évidentes. Pourtant, nous avons découvert que des livres comme Le Racisme expliqué à ma fille de Tahar Ben Jelloun, et plus récemment Kuei, je te Salue, offrent aux professeurs un fondement solide leur permettant d’orienter une discussion sur le racisme en se référant à un contexte balisé, donc moins imprévisible et potentiellement moins volatile. Sans vouloir suggérer que la situation des Autochtones du Canada ressemble à celle des Maghrébins en France (en fait, géographiquement, le problème est inversé car les « colonisés » au Canada sont les premiers maîtres des lieux plutôt que les immigrants), nous croyons que, faute de grand corpus de langue française sur la question précise du racisme allochtone-autochtone au Canada français, des textes comme celui de Ben Jelloun pourraient aider à initier les étudiants aux questions générales sur le racisme et mieux les préparer à considérer la spécificité du problème dans le contexte canadien-français. Cependant, certains textes en traduction, tel que L’Indien incommode : Un portrait inattendu des Autochtones d’Amérique du Nord de Thomas King, texte traduit par Daniel Poliquin (lauréat du Prix littéraire du gouverneur général 2014 pour cette traduction) et publié chez Boréal, s’avèrent absolument essentiels à la discussion.[iv] Pourvu qu’un sentiment de sécurité et de confiance s’établisse dans une salle de classe, les étudiants commenceront à relier leurs propres pensées et expériences au contenu des textes étudiés, c’est-à-dire à analyser et à appliquer leurs connaissances. Notre expérience récente dans des cours universitaires, qui ont réuni des étudiant(e)s de toute culture (judéo-chrétienne, islamique, asiatique, autochtone, africaine et autres), démontre clairement que lorsque le dialogue est initié de façon réfléchie et intentionnelle, en étudiant des textes érudits, mais accessibles, sur le racisme, la jeune génération manifeste une attitude de partage et de respect mutuel, ainsi qu’un cœur on ne peut plus ouvert. Sans aucune exagération, nous avons vu l’amitié interculturelle s’épanouir sous l’influence de ces auteurs.[v]

Natasha Kanapé Fontaine et Deni Ellis Béchard confirment à travers leur correspondance humaniste que l’amitié est une arme puissante contre la haine et le racisme. Au cours de leur dialogue, l’amitié entre les deux auteurs grandit et sert d’exemple à tous ceux qui désirent poursuivre de telles conversations et l’établissement ou le renforcement des relations interraciales en vue de mieux comprendre le passé et de mieux envisager un avenir sécuritaire et paisible pour tous. Il suffit de regarder l’évolution des salutations qu’ils emploient au cours du livre pour confirmer l’approfondissement de leur amitié : la toute dernière lettre se termine avec « Je t’embrasse. À la prochaine, Natasha », mots qui expriment une grande intimité ainsi qu’une intention de rester en contact. Loin d’être idéaliste, leur échange exprime la difficulté de comprendre et de surmonter les effets du racisme inhérent aux relations allochtones-autochtones au Canada. Cependant, la colère, parfois évidente, ne dégénère jamais en conflit et ne brise jamais le dialogue. Ces deux individus venant de deux cultures différentes mais intimement liées, qui cohabitent sur le territoire québécois depuis des siècles, donnent enfin l’exemple d’une plate-forme discursive partagée de façon respectueuse, égalitaire et, avant tout, amicale.

Kuei, je te salue s’avère particulièrement utile en éducation, parce que les auteurs se donnent aussi une mission didactique, exprimée dans les annexes 1 à 3, pp. 141-156, Chronologie des Évènements, Quelques mots d’Innu aïmun et Questions à l’intention des jeunes. En posant des questions et en proposant des activités, ils présentent leur objectif de tracer un chemin pour un dialogue interculturel et respectueux. Les questions qui suivent dans le présent manuel ne visent pas à supplanter celles posées à la fin de Kuei, je te salue, mais plutôt à les compléter. Les professeurs qui choisissent d’enseigner les lettres d’Ellis Béchard et de Kanapé Fontaine voudront sans doute poser leurs propres questions eux-aussi, selon la composition et les besoins spécifiques de leur classe.

Aimiashtikusheu – Elle parle aux Blancs, à des gens qui parlent français [vi]

 

Kuei, je te salue : Questions de compréhension

Avis aux professeurs : Si vous avez besoin du savoir complémentaire afin d’aider les étudiants à répondre adéquatement à certaines de ces questions, de façon sensible, n’hésitez pas à consulter un(e) gardien(ne) du savoir autochtone dans votre communauté où à nous contacter.

TITRE : Quelle relation voyez-vous entre les deux parties du titre, « Kuei, je te salue » et « conversation sur le racisme » ?

COUVERTURE : Quel est l’effet de l’image de deux personnes identiques qui se tiennent la main sur la couverture ?

DÉDICACE : À qui le livre est-il dédié ? Pourquoi ?

GENRE : À quel genre littéraire ce texte se conforme-t-il ?

AUTEURS : Deni Ellis Béchard est romancier et reporter indépendant. Natasha Kanapé Fontaine est poètesse, artiste et militante pour les droits autochtones. Quelles sont leurs racines familiales (où ont-ils grandi) ? Comment se sont-ils rencontrés ?

TERMINOLOGIE : Que veulent dire les mots « allochtone » et « autochtone » ? Faites une liste de mots et d’expressions innus que vous avez appris en lisant ce texte.

LETTRE 1 : Qui commence le dialogue ? Comment établit-il la situation et les intentions du dialogue épistolaire qu’il entame ? (pp. 11-13)

LETTRE 2 : Pourquoi l’auteure a-t-elle signé une lettre ouverte à propos des mots blessants de Denise Bombardier (l’écrivaine qu’elle a confrontée à la conférence) ? (pp. 14-15) En quoi consisterait « le grand réveil » ? (p. 16)

LETTRE 3 : L’auteur constate que « Le racisme repose entièrement sur le silence de ceux et de celles que l’on rejette et dont on a peur ». Comment justifie-t-il cette idée ? Etes-vous d’accord ? (p. 18)

LETTRE 4 : Qu’est-ce qui caractérise les Innus lorsqu’ils sont heureux par opposition à lorsqu’ils sont tristes ?

LETTRE 5 : Qu’arrive-t-il aux Blancs qui ont été soumis ? (p. 26)  Définissez le « racisme banal » ?

LETTRE 6 : Regardez le Peuple invisible de Richard Desjardins et Robert Monderie: https://www.onf.ca/film/peuple_invisible/

L’auteure critique le « cliché du Blanc (le cinéaste) qui débarque chez les Autochtones pour expliquer à son monde qui sont ces primitifs », tout en admettant que le film a peut-être été « nécessaire à l’époque, pour amener le sujet dans l’espace public » (p. 32).  Quelle est votre réaction à ce débat internalisé par l’auteure ?

LETTRE 7 : Comment l’expérience du père de Deni incarne-t-elle le racisme venant du sentiment de ne vouloir « entretenir aucun lien avec ceux qui étaient dominés » ?

LETTRE 8 : Comment Natasha réagit-elle à la phrase « Ils marchaient comme des Indiens » ? Expliquez sa réaction. (pp. 39-43)

LETTRE 9 : Quel rapprochement mental l’auteur propose-t-il au début de sa lettre ? Quel est l’effet voulu d’un tel rapprochement ? (p. 44)

LETTRE 10 : Que veut dire « l’amnésie collective » ? (p. 50)

LETTRE 11 : Les paroles de l’auteur à propos de la crise d’Oka sont accusatoires : « Quelle aurait été l’issue de cette crise si les Québécois avaient tourné leur frustration contre leur gouvernement pour exiger un véritable changement en faveur des Autochtones ? Au lieu de cela, ils ont attaqué les plus vulnérables ». À quel événement spécifique fait-il référence, selon vos connaissances de la crise d’Oka ? (p. 54)

LETTRE 12 : Considérez la phrase suivante : « À une époque, les animaux nous parlaient et nous enseignaient des principes sur l’être humain, ainsi que des connaissances profondes sur l’environnement et l’univers » (p. 56). S’agit-il d’une allégorie ou plutôt d’une croyance spirituelle ?

LETTRE 13 : L’auteur déclare que « lire est une façon d’écouter » (p. 63). Comment relie-t-il l’acte de lire au développement de l’empathie pour l’autre ?

LETTRE 14 : L’auteure dit qu’il existe dans la langue innue « Tellement d’empathie envers les êtres et les choses ! » Comment explique-t-elle l’exigence d’avoir de l’empathie envers les choses ? Comment cette idée pourrait-elle influencer la façon dont nous traitons la Terre-Mère ? (p. 67)

LETTRE 15 : Quel avertissement voyez-vous dans le passage suivant : « Et la majorité des artistes prennent la parole pour les autres sans vraiment connaître leurs histoires, sans vraiment les écouter. Les Allochtones racontent souvent des histoires sur les « Amérindiens » pour confirmer ce qu’ils aiment croire, sans chercher à comprendre comment les Autochtones perçoivent eux-mêmes ces histoires » (p. 72). Connaissez-vous un mot pour cette façon de procéder ?

LETTRE 16 : Existe-t-il un mot en innu pour « liberté » ? Comment l’auteure, à l’aide de la poétesse Joséphine Bacon, traduit-elle ce mot ? Comment explique-t-elle le décalage linguistique révélé ? (p. 77, voir aussi p. 102)

LETTRE 17 : Comment l’auteur explique-t-il la notion du « privilège invisible » ? Avez-vous vécu une expérience qui révèle ce genre de privilège ? (pp. 84-85)

LETTRE 18 : Quel aspect de la réserve retire et repousse l’auteure simultanément ? (p. 92) Quel rêve exprime-t-elle ? (p. 93)

LETTRE 19 : Pourquoi l’auteur avait-il honte d’être québécois ? Quel rôle la honte joue-t-elle dans le racisme ? (p. 95)

LETTRE 20 : Pour quelles raisons l’auteure se montre-t-elle suspicieuse quant à la notion de la réconciliation ? Ce mot est-il trop souvent employé, sans que les enjeux et les implications ne soient considérés ? (p. 104)

LETTRE 21 : Quel rêve pour la société l’auteur exprime-t-il ? (p. 108)

LETTRE 22 : Quel point de rencontre culturel possible l’auteure souligne-t-elle ? Que pensez-vous du sport en tant que lieu de rencontre culturel en général ? (p. 111)

LETTRE 23 : Par quelle anecdote l’auteur représente-t-il le sentiment de supériorité enraciné dans la culture occidentale ? Connaissez-vous d’autres exemples de cette attitude ? (p. 120)

LETTRE 24 : Comment le « néocolonialisme » et le « négationnisme » sont-ils reliés ? Cherchez leur définition, si nécessaire (p. 124). L’auteure perçoit la terre comme ayant un « épiderme ». Comment un tel savoir traditionnel peut-il inspirer notre désir de protéger l’environnement ?

LETTRE 25 : L’auteur dit que « Les changements sont généralement le résultat d’une multitude de petites actions » (p. 130). Pour sa part, il désire prendre l’action suivante : « En tant qu’Allochtone et en tant que personne ayant une parole publique, j’aimerais attirer l’attention sur toutes ces voix qui ne sont pas suffisamment entendues » (p. 131). De quelles voix parle-t-il ? S’agit-il de parler au nom des autres ou d’une autre approche ?

LETTRE 26 : L’auteure termine sur un ton optimiste, exprimant son questionnement et son doute, « Cela signifie que le travail est véritablement amorcé. Que les choses bougent, autant à l’intérieur de nous-mêmes que dans le monde » (p. 139). Etes-vous d’accord ? Expliquez.

Conclusion

En parlant du racisme, il est trop facile de tomber dans la polémique ou de sombrer dans des émotions négatives car le racisme déchire les individus et les communautés de l’extérieur et de l’intérieur. Ceux qui luttent contre le racisme savent qu’il faut tenir bon et ne pas plier face à la colère ni à la déception, et souvent les victimes individuelles nous montrent l’exemple. Les Canadiens qui ont regardé les Jeux olympiques de PyeongChang en 2018 ont peut-être entendu l’histoire aussi déchirante qu’inspirante de Brigette Laquette, la première joueuse de hockey autochtone nommée dans l’équipe nationale féminine du Canada. Au cours de sa carrière, seul l’encouragement de son père l’a empêchée d’abandonner son sport adoré, face aux commentaires racistes venant des adversaires, des coéquipières, des parents et des amateurs dans les gradins ; avec le soutien de son père, elle a appris à battre les racistes en triomphant sur la glace.[vii] Elle détient maintenant une médaille d’argent olympique d’une grande importance historique pour la réserve Waterhen, la communauté de Mallard, le Manitoba, toutes les Premières Nations et le Canada. Son trajet nous rappelle qu’il faut garder l’espoir car le bien-être des communautés touchées par le racisme dépend d’un changement positif des attitudes et des politiques qui ne peut résulter que d’un dévouement inébranlable à l’espoir et à la justice.

La conversation respectueuse entre les auteurs de Kuei, je te salue part du principe que l’échange culturel bénéficie aux communautés et que les relations sincères favorisent la guérison des effets de la colonisation. En effet, la colonisation n’affecte pas que les Autochtones de façon négative ; elle a un effet nuisible sur tout le monde. Les connexions établies lorsqu’on discute de ces questions difficiles facilitent un premier pas concret envers une compréhension mutuelle de la réalité de la colonisation et de la nécessité, selon la perspective autochtone, de prendre soin les uns des autres, et surtout les plus vulnérables de notre société.  En effet, l’échange culturel enrichit toutes les dimensions de la vie quotidienne : l’architecture des bâtiments qui nous entourent et dans lesquels nous vivons, la pratique de la spiritualité, l’art et la musique que nous apprécions, les aliments que nous dégustons, les vêtements que nous portons, les langues que nous entendons. Trop souvent, les préjugés et les stéréotypes envers les Autochtones privent les communautés allochtones de possibilités de rencontre ; néanmoins, les Autochtones continuent de faire des efforts et de partager leurs talents. Aujourd’hui, par exemple, les Autochtones partagent la richesse de leur tradition culinaire écologiquement responsable avec le monde, en collaborant de plus en plus fréquemment avec des restaurateurs établis. Les artistes, les comédiens, les cinéastes, les musiciens, les créateurs de mode et les écrivains autochtones offrent une ouverture sur la beauté de la différence aux plans national et international. Les écologistes autochtones enseignent aux Allochtones une nouvelle approche pour la protection de la Terre-Mère et les enseignants autochtones partagent leurs approches pédagogiques, qui incluent, par exemple, l’esprit communautaire et l’apprentissage en pleine nature. Les médecins et les soignants autochtones encouragent, partagent et intègrent leur savoir de la médicine traditionnelle, tandis que sur le plan juridique, les Autochtones promeuvent la justice réparatrice autour du monde. Ces efforts reflètent une fierté remarquable et un fort désir de réclamer de l’espace pour les cultures autochtones, afin que les jeunes puissent un jour se sentir acceptés, respectés et appréciés à tout niveau de la société canadienne. Ils reflètent aussi la générosité inhérente aux cultures autochtones car un tel partage est une forme de dévouement désintéressé à la spiritualité, à l’entraide et à la beauté du monde.

[i] Micheline Labelle, Racisme et antiracisme au Québec : Discours et Déclinaisons. Québec : Presses de l’Université du Québec, 2011, p. 165.

[ii] Kuei, je te salue : Un livre sur le racisme écrit suite à une confrontation avec Denise Bombardier, Entrevue sur Radio Canada le 22 mai, 2016, avec Natasha Kanapé Fontaine et Deni Ellis Béchard :  https://www.youtube.com/watch?v=_7Jd7AUEAoY

[iii] Denis Ellis Béchard et Natasha Kanapé Fontaine, Kuei, je te salue : Conversation sur le racisme. Montréal : Écosociété, 2016.

[iv] Thomas King, L’Indien malcommode : Un portrait inattendu des Autochtones d’Amérique du Nord.  Traduit par Daniel Poliquin. Montréal : Boréal, 2014.

[v] L’ouvrage de Carol Cornelius, Iroquois Corn In a Culture-Based Curriculum : A Framework for Respectfully Teaching about Cultures. Albany : State University of New York Press, 1999, peut servir de guide pour ceux qui lisent l’anglais.

[vi] http://www.innu-aimun.ca/dictionnaire/Words

[vii] https://www.pressreader.com/canada/the-province/20180209/282050507522706