Textes étudiés

Ÿ Volumes 1 (sommaire) & 2 (les survivants s’expriment) du Rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada : Honorer la vérité, réconcilier pour l’avenir. Kingston : McGill-Queen’s University Press, 2015.

ISBN 978-0773546707

Ÿ Gatti, Maurizio. Littérature amérindienne du Québec : Écrits de langue française. Montréal : Hurtubise, 2004.

ISBN 978-2-89406-305-7

 

Accès

Les cinq volumes du Rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada (CVR) sont disponibles gratuitement, en ligne. Visitez le site officiel de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, à l’adresse suivante : http://www.trc.ca/websites/trcinstitution/index.php?p=891

Le Rapport est disponible dans toutes les grandes bibliothèques universitaires canadiennes.

Pour obtenir un exemplaire du sommaire, cherchez l’ISBN 978-0773546707. Le prix est d’environ $25. Le format Kindle est aussi disponible, pour environ $13.

L’Anthologie de Maurizio Gatti est disponible dans la plupart des grandes bibliothèques universitaires canadiennes. Vous pouvez la commander en ligne chez Hurtubise ou l’acheter dans la plupart des grandes librairies. Le prix est d’environ $30.

 

Guide d’apprentissage

Introduction

Écrire en français pour ne pas oublier ma différence […]  – Rita Mestokosho [i]

Qu’est-ce qu’un témoignage ?

Les témoignages autochtones sont avant tout un mode d’expression oral et écrit, toujours émergeant, par lequel s’expriment les survivants des pensionnats indiens, qui ont détenu beaucoup d’enfants autochtones durant plus d’un siècle au Canada. Un petit nombre de témoignages traitent également des conditions actuelles dans les communautés autochtones, toujours affectées par la politique génocidaire historique du gouvernement canadien.[ii] À présent, des témoignages sont aussi recueillis dans le cadre de l’Enquête nationale sure les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées.[iii] Les récits oraux dans le Rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, Volume II, Les survivants s’expriment, ont été transcrits lors d’une enquête menée entre 2008 et 2014, durant laquelle la commission a entendu plus de 6 000 témoins, dont la plupart ont raconté leur expérience dans ces pensionnats qui « avaient pour but de séparer les enfants autochtones de leur famille, afin de limiter et d’affaiblir les liens familiaux et culturels, et d’endoctriner les enfants pour qu’ils adhèrent à une nouvelle culture, à savoir la culture dominante sur le plan juridique de la société canadienne euro-chrétienne […] »[iv] Somme toute, il serait juste de définir les témoignages autochtones, tout comme les autres témoignages des enfants de génocide, en tant qu’« expression de la souffrance individuelle d’une enfance meurtrie »[v]. Dans l’ensemble, ils tissent une histoire des horreurs de la colonisation de ce pays qu’on appelle le Canada, « qui se targue d’être un bastion de la démocratie, de la paix et de la gentillesse partout dans le monde », histoire qui s’avère extrêmement honteuse et douloureuse à lire.[vi]

Les témoignages publiés dans le Rapport de la CVR, ainsi que ceux publiés en dehors de l’enquête de la commission, sont des textes auto-référentiels au sens de la définition proposée par Jean-François Chiantaretto : « tout texte à l’intérieur duquel l’écriture de soi par une personne réelle présente un contrat de lecture garantissant l’authenticité (au sens juridique du terme) »[vii]. Étant donné que l’authenticité juridique implique une certification de l’origine, de la réalité et de l’auteur, nous préférons ce deuxième sens du terme « authenticité », selon lequel la sincérité incontestable de l’auteur suffit en soi, même si la totalité de la réalité racontée n’a pas forcément été certifiée au sens juridique. Car la documentation et la corroboration concernant les lieux, les dates, les personnages et les événements s’avèrent parfois difficiles à obtenir dans le cas des enfants victimes d’un génocide : la documentation a souvent été mal préservée, perdue, falsifiée ou détruite[viii]. Les photos qui font partie de cette documentation s’avèrent pénibles à regarder, puisqu’elles reflètent un point de vue colonisateur ; autrement dit, la documentation peut, par elle-même, contribuer au traumatisme. Comme le remarque Bernadette Rigal-Cellard dans son ouvrage critique, Le Mythe et la plume : La littérature indienne contemporaine en Amérique du Nord, « Si les enfants avaient pu vivre dans leur communauté familiale et tribale, ils auraient une foule de souvenirs entretenus et transmis par le groupe. Ils n’auraient pas besoin de photos. Exclus de la réserve, ils sont exclus du souvenir et du passé collectif et familial »[ix]. Ainsi, la documentation « officielle » correspond à un vol de la mémoire naturelle.

Une approche de lecture responsable

Une lecture juste du témoignage autochtone demande une approche particulière, caractérisée avant tout par le respect. Il est absolument essentiel de lire le témoignage avec sincérité, sans vouloir juger la victime, ni pour ses expériences, ni pour ses sentiments, ni pour sa façon de les exprimer. Une approche respectueuse envers le témoignage autochtone reconnaît aussi que les paroles des survivants ne sont guère analysables, car leur écriture relève d’une fonction littérale du langage, plutôt que d’une fonction littéraire.  En général, les locuteurs et les auteurs évitent les abstractions afin de se présenter comme une voix et un visage, une présence solide soutenue par le Créateur, qui sait guider le lecteur à travers son passé douloureux de manière honnête et fiable.

Malgré les efforts des survivants autochtones pour décrire l’inintelligible d’après leurs souvenirs et leurs interprétations, il serait impossible, au moins pour un lecteur n’ayant pas vécu une expérience très similaire, d’apprécier leur souffrance subjective. Tout comme les témoignages de l’Holocauste, que l’on a parfois comparés à des bouteilles jetées à la mer, les témoignages des enfants autochtones, arrachés à leurs familles et à leurs communautés, traduisent une absence. Les auteurs font de leur mieux pour combler le vide, tout en sachant qu’ils parlent aussi pour les enfants qui sont morts dans les pensionnats. Sans aucun doute, d’innombrables traumatismes se cachent dans le vide du non-dit et de l’indicible. Néanmoins, le lecteur ou la lectrice empathique ne peut guère éviter de ressentir une profonde douleur. Il est bien connu que pour le lectorat autochtone, les témoignages provoquent souvent un traumatisme secondaire, qu’il soit directement intergénérationnel ou non. Une amie anishinaabe m’a récemment dit qu’elle sombre dans une dépression d’au moins un mois, à chaque fois qu’elle se permet de lire ou d’écouter un témoignage, tellement elle ressent l’angoisse des survivants jusqu’au tréfonds de son cœur.

Les professeurs qui présentent des témoignages endossent donc la responsabilité de faire tout leur possible pour prévenir ce traumatisme secondaire. Selon le niveau et la composition de la classe, il faut prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que le matériel ne provoque pas, par mégarde, des réactions nocives à la santé mentale des étudiants autochtones et non-autochtones. Avant d’imposer la lecture ou la discussion des témoignages, il est important de préparer la leçon en consultation avec des spécialistes, y compris des aîné(e)s ou des gardiens du savoir. Il faut également exiger un comportement respectueux parmi les étudiants afin d’empêcher des remarques désobligeantes, voire méchantes. Autrement dit, bien que l’enseignement du témoignage soit nécessaire pour rehausser la compréhension et la compassion de tous les étudiants canadiens, et pour inciter ces derniers à participer au grand projet de la réconciliation, ce module demande une préparation approfondie en collaboration avec la communauté autochtone. Nous ne recommanderons jamais à un professeur, de quelque cycle qu’il soit, d’enseigner le témoignage sans avoir lu préalablement le Sommaire du Rapport de la CVR dans sa totalité ni sans avoir impliqué, de façon respectueuse, la communauté autochtone dans ce processus.

Pour ce module, nous avons choisi de simplement initier les lecteurs de ce manuel aux témoignages plutôt que de poser des questions ouvertes.

Ninohtê-itohtân iskonikanihk – Je veux aller à la réserve [x]

Témoignages issus du Rapport final de la Commission de vérité et réconciliation du Canada : Les survivants s’expriment

Les chercheurs et les enfants survivants qui ont participé à la CVR dévoilent, en détail, un système « éducatif » volontairement cruel qui a eu des conséquences dévastatrices au sein des communautés autochtones, qui ont été privées de toute sécurité, de toute normalité, y compris du rire des enfants, élément caractéristique et essentiel des cultures autochtones. Le Juge Murray Sinclair, président de la Commission résume le système des pensionnats de la façon suivante :

« Alors que certains perçoivent les pensionnats comme des centres d’éducation, il s’agissait, en réalité, de centres d’endoctrinement culturel. L’aspect le plus inquiétant du système est le fait que les personnes ciblées et les victimes étaient parmi les plus vulnérables de la société : les enfants. Loin de leur famille et de leur communauté, sept générations d’enfants autochtones ont été privés de leur identité à la suite d’efforts systématiques et concertés visant à anéantir leur culture, leur langue et leur esprit. Les pensionnats s’inscrivaient dans un projet de grande envergure de la part de l’administration canadienne qui prévoyait l’assimilation forcée des peuples indigènes en leur interdisant de tenir des cérémonies sacrées et de poursuivre leurs importantes traditions. Il est évident que les pensionnats indiens étaient l’un des principaux éléments d’une politique d’un gouvernement canadien favorisant le génocide culturel.» [xi]

Les pertes sont bien trop grandes pour que l’on puisse les énumérer ici, les sévices dans les pensionnats allant de la faim au travail forcé, en passant par la carence affective, l’abus physique et sexuel, les mariages arrangés ou bloqués, les tombes non-marquées pour n’en mentionner qu’une poignée.  Les enfants arrachés à leur famille, malgré la résistance de leurs parents, ont subi des séquelles intergénérationnelles inimaginables. Les effets tragiques du bouleversement des structures familiales et communautaires se reflètent aujourd’hui dans les énormes disparités de revenu, d’éducation et de santé entre les Premières Nations et le reste des Canadiens. Avant d’enseigner les témoignages, il est essentiel de comprendre l’histoire et les répercussions du système des pensionnats en lisant le premier volume du rapport de la CRV, le sommaire. Répétons-le : l’enseignement du témoignage n’est pas une entreprise légère ; il demande des connaissances approfondies, des rapports de solidarité avec la communauté autochtone et un engagement sincère pour la vérité et la réconciliation.

La majorité des survivants des pensionnats n’ont jamais pu ou voulu raconter leurs expériences, pour maintes raisons complexes. D’abord, l’abîme des pensionnats a créé un cercle vicieux : les conditions de vie dans les communautés autochtones, engendrées par le programme d’acculturation du gouvernement canadien, de l’Église catholique et des Églises protestantes, menacent la transmission des souvenirs en raison de cette séparation. Souvent, les auteurs autochtones se trouvent limités par de faibles moyens financiers et éditoriaux. D’un point de vue pratique, l’écriture passe au second plan pour bon nombre de survivants, pour qui les exigences du travail et les responsabilités familiales dominent la vie quotidienne. La possibilité et la décision de s’exprimer dépendent également de la psychologie et des croyances individuelles. Malgré le fait que certains survivants trouvent cathartique l’expression orale ou écrite de leur souffrance, d’autres la vivent comme un nouveau traumatisme, et la plupart, sinon tous, craignent de traumatiser leurs enfants et leurs petits-enfants. La parole était souvent interdite dans les pensionnats et, chez les catholiques en particulier, la parole des enfants a été bloquée par un sentiment de honte inculqué par les religieux. En plus, les survivants apparaissent souvent préoccupés par la crainte que leur histoire ne soit pas crue ou qu’elle ne soit pas comprise. En ce qui concerne la dimension spirituelle, le choix de ne pas s’exprimer est lié à l’idée que les mots possèdent une énergie innée et qu’il y des vérités qui ne devraient jamais être écrites, par peur qu’elles ne soient contaminées par une autre culture.[xii] Habitués à des réactions ignorantes et racistes, les survivants autochtones ont tendance à protéger leurs histoires personnelles, tout comme leurs ancêtres ont souvent préféré que leurs histoires meurent avec eux, plutôt que d’exposer des secrets intimes à des commentaires destructeurs. Ainsi, la majorité des quelques 80 000 survivants n’ont jamais choisi de s’exprimer, même s’ils reconnaissent l’importance de d’informer et d’avertir les générations futures, en sauvant leur histoire de l’oubli. Les quelques 38 000 survivants qui ont été indemnisés dans le cadre de la Convention de règlement relative aux pensionnats indiens, mise en œuvre en septembre 2007, ont voulu garder le choix de rattacher des clauses de confidentialité aux documents détaillant les agressions qu’ils ont subies (droit confirmé par un jugement de la Cour suprême du Canada en octobre 2017). Les documents seront détruits après une période de 15 ans, à moins que les survivants autorisent leur préservation pour la postérité.[xiii]

Étant donnés le nombre et la complexité des obstacles auxquels les survivants font face, nous pouvons percevoir le partage par un(e) survivant(e) de son histoire comme une victoire de la résilience et une expression du courage et de la générosité inhérents aux cultures autochtones. Les récriminations et les revendications sont parfaitement compréhensibles ; cependant, la plupart des témoignages publiés des pensionnaires s’avèrent principalement marqués par un ton de regret et de deuil. Les survivants expriment, avant tout, de la compassion envers les autres enfants abusés, car l’impératif de l’entraide, qui leur avait été transmis avant leur déracinement, a rendu leur incapacité à épargner leurs frères, leurs sœurs, leurs cousins et leurs amis particulièrement douloureuse. C’est surtout en solidarité avec ces autres enfants survivants et pour le bien-être des familles et des communautés, qu’ils font le choix lourd et imprévisible de dire l’indicible. Il faut remarquer qu’un très petit nombre de survivants racontent de bons souvenirs ou un sentiment de compréhension envers les enseignant(e)s des pensionnats, sans pour autant perdre de vue l’écrasant corpus témoignant d’une situation abominable, qui englobe ces rares cas.[xiv]

Cependant, le témoignage ne se limite pas aux expériences vécues dans les pensionnats et ce ne sont pas que les survivants de ces institutions qui s’expriment, car le programme d’acculturation mise en œuvre par le gouvernement canadien et les Églises couvrait toutes leurs interactions avec les Autochtones et a eu de vastes conséquences. Ceux qui n’ont jamais été placés dans un pensionnat ou qui n’ont jamais connu un membre de leur famille ayant survécu à un pensionnat, connaissent, eux-aussi, les afflictions et le chagrin découlant de ce racisme endémique et programmé. Il s’agit également d’une institutionnalisation disproportionnée des Autochtones aujourd’hui, à cause du traumatisme intergénérationnel. Les pensionnats étaient, bien entendu, l’un des outils les plus ravageurs du système colonial, mais les communautés, dont les enfants n’y ont jamais été envoyés, ne connaissent pas moins les séquelles tragiques de la subordination coloniale.

Les témoignages de cette réalité, rédigés par les survivants des pensionnats et d’autres individus, abordent la problématique du manque de besoins essentiels tels que les logements sûrs, l’eau propre et la nourriture saine abordable (surtout dans les communautés nordiques). Par ailleurs, ils exposent des problèmes sociaux graves hérités de l’acculturation tels que le chômage et la pauvreté généralisés, la déscolarisation, la délinquance adolescente, ainsi que les taux de maladies, d’alcoolisme, de violence, d’incarcération, d’accidents et de suicide élevés par rapport aux normes canadiennes. Les auteurs racontent, sans embellissement aucun, la désolation de leurs communautés et leurs tourments personnels. Souvent, ils parlent aussi de spiritualité, de médecine traditionnelle et de guérison afin de tracer un chemin pour les jeunes. Tous font la lumière sur des problèmes souvent cachés et ignorés par le grand public canadien, livrant ainsi aux non-autochtones, surtout ceux qui n’ont aucune relation personnelle avec les communautés autochtones, un choc nécessaire pour catalyser un dialogue conciliatoire.

Si nous pouvons parler d’espoir dans ces témoignages, il prend le plus souvent la forme de petits actes de rébellion et de résistance contre le système, qui démontrent une fierté impossible à éteindre malgré la privation. Donner l’espoir aux jeunes reste l’intention principale du texte inédit de Jean-Paul Joseph inclus dans l’anthologie de Maurizio Gatti, intitulée Littérature amérindienne du Québec : écrits de langue française. L’auteur, né en forêt près de Maliotenam, puis envoyé à un jeune âge dans un pensionnat, profite du temps de sa détention dans une prison fédérale pour s’adresser aux jeunes ainsi :

« Combien de fois j’ai voulu mourir moi aussi. La prière divine, la spiritualité, la thérapie avec le monde et avec la nature, la forêt, le bois, m’ont sauvé. Ce ne sont pas l’alcool et les drogues qui m’ont sauvé. Elles m’ont détruit presque à jamais. […] Comme dans la société, ici en prison, il y a des hommes qui se découragent. J’en ai aidé plusieurs par mes prières, mes conseils et mes encouragements. Ce n’est pas des cadeaux qu’ils veulent, mais de l’écoute et de l’entraide.» [xv]

Même après avoir vécu une émeute violente pendant laquelle d’autres prisonniers sont morts, l’auteur trouve dans son cœur la volonté d’aider les jeunes en prônant les valeurs spirituelles de la culture innue : la prière, la médecine (thérapie) naturelle, l’écoute et l’entraide. Le plus souvent, les auteurs attribuent leur survie à leur « indianité » et ils célèbrent, à juste titre, leur ténacité et leur résilience face à la crise des pensionnats et à leurs séquelles sur les communautés. L’enseignante atikamekw Marie-Ève Laloche écrit dans son journal intime, dont un extrait est publié dans le recueil de Gatti : « 23 août. Aujourd’hui j’ai 23 ans. Je suis en vie. J’ai survécu aux épreuves que j’ai traversées ». Munis d’une telle fierté, espérons qu’à l’avenir les jeunes autochtones arriveront à réduire le nombre et la sévérité des épreuves menaçant les familles et leurs communautés.

Conclusion

Nous n’avons voulu dans ce chapitre ni présenter en détail des témoignages, ni poser des questions ouvertes, parce que le choix de lire ou d’enseigner le témoignage est trop personnel et l’échange entre le témoin et le lecteur trop intime. Cependant, nous ne pouvons ignorer ou négliger le témoignage, qui reste l’un des modes d’expression les plus puissants pour les Autochtones du Canada. Pour les enseignants, le plus important est de savoir qu’il ne faut jamais demander ni aux étudiants de lire un témoignage, ni aux survivants de leur parler, sans avoir fait ses propres devoirs. Il ne suffit pas de montrer des témoignages tirés du Rapport de la CVR aux étudiants, puis de laisser ces derniers seuls avec leurs pensées. Il ne suffit pas d’inviter un survivant à parler à la classe, sans avoir fait une préparation minutieuse. À notre avis, tous les Canadiens et toutes les Canadiennes devraient prendre conscience de ce que le Juge Sinclair appelle « l’un des chapitres les plus sombres et les plus troublants de l’histoire de notre pays » (CVR, p. 8). Ce sera aux enseignant(e)s bienveillant(e)s de répondre aux appels à l’action inclus dans le Rapport de la CVR avec l’effort, le respect, la sensibilité, l’esprit de collaboration et la solidarité requis.

[i] Rita Mestokosho, « Écrire pour ne pas oublier…»  Dans Dezutter, Fontaine et Létourneau (eds), Tracer un chemin : Meshkanatsheu : Écrits des premiers peuples. Wendake : Éditions Hannenorak, 2017, p. 145.

[ii] Selon le Rapport du CVR, L’établissement et le fonctionnement des pensionnats ont été un élément central de cette politique, que l’on pourrait qualifier de « génocide culturel », p. 11.

[iii] http://www.mmiwg-ffada.ca/fr/

[iv] Rapport de la CVR, vol. 1, p. 8.

[v] Frosa Pejoska-Bouchereau. Littérature et génocide : l’écriture testimoniale des enfants. Yod (en ligne) 19, Aharon Appelfeld, cinquante ans d’écriture, mis en ligne le 16 avril 2014. URL : http//yod.revues.org/1965, p. 8.

[vi] Rapport de la CVR, vol. 1, p. 9.

[vii] Jean-François Chiantaretto. De l’Acte autobiographique : Le psychanalyste et l’écriture autobiographique. Seyssel, Éditions Champ Vaillon, 1995, p. 33.

[viii] Carmen McCarron, Thématiques dans les récits des enfants cachés dans l’univers catholique en France (thèse doctorale). London : Western Graduate and Postdoctoral Thesis Repository, 2015.

[ix] Bernadette Rigal-Cellard. Le Mythe et la plume : La littérature indienne contemporaine en Amérique du Nord. Paris : Éditions Du Rocher, 2004, p. 291.

[x] Je veux aller à la réserve en cris. http://www.keewatinwebs.ca/howtosayitincree.pdf

[xi] Rapport de la CVR, vol. 1, p. 8.

[xii] Bernadette Rigal-Cellard. Le Mythe et la plume : La littérature indienne contemporaine en Amérique du Nord. Paris : Éditions Du Rocher, 2004.

[xiii] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1060054/temoignages-pensionnats-auto…

[xiv] Voir la courte section du Rapport de la CVR, volume 2, intitulée « bons souvenirs ».

[xv] Jean-Paul Joseph, « La Détention » dans Maurizio Gatti, Littérature amérindienne du Québec : Écrites de langue française. Montréal : Hurtubise, 2004, pp. 232-233

Bibliographie: 
Pour plus d’information, voir la bibliographie extensive à la fin de chaque volume du Rapport de la CVR.
Gatti, Maurizio. Littérature amérindienne du Québec : Écrits de langue française. Montréal : Hurtubise, 2004.
Film de l’ONF, Nous n’étions que des enfants https://www.onf.ca/film/nous_netions_que_des_enfants/
Histoire de la journée du chandail orange http://www.orangeshirtday.org/uploads/7/9/8/7/79871818/phyllis_histoire_fr.pdf
LARRÉ, Lionel (2009). Autobiographie amérindienne : pouvoir et résistance de l'écriture de soi, Pessac, Presses universitaires de Bordeaux.