Textes et morceaux étudiés

Ÿ Bâtons à message de Joséphine Bacon

Ÿ Mishapan Nitassinan et Je sais que tu sais de Chloé St-Marie et Josephine Bacon

Accès

Bacon, Joséphine, Bâtons à message : Tshissinuatshitakana. Montréal : Mémoire d’encrier, 2009

ISBN 978-2-923713-09-0

La chanson Mishapan Nitassinan de l’album Je marche à toi de Chloé St-Marie (2002) est disponible sur itunes à l’adresse suivante : https://itunes.apple.com/ca/album/je-marche-%C3%A0-toi/301456485

Une version vidéo de la chanson est également disponible sur YouTube, postée par Marie-Pierre Thériault, à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=Iajdt5GLGuI

La chanson Je sais que tu sais de l’album Nitshisseniten e Tshissenitamin (Je sais que tu sais) de Chloé St-Marie est disponible sur itunes à l’adresse suivante : https://itunes.apple.com/ca/album/nitshisseniten-e-tshissenitamin-je-sai…

Elle se trouve aussi postée sur YouTube par Légendes d’un peuple, à cette adresse : https://www.youtube.com/watch?v=n4pJmuSLv1

Guide d’apprentissage

Introduction

N’attends pas que je me fâche telle une tornade – Joséphine Bacon

Les aînés autochtones disent souvent qu’il faut toujours écouter avec trois oreilles : celles qui sont collées des deux côtés de notre tête et celle qui se trouve au milieu de notre poitrine.[i] Il serait difficile d’ignorer la présence de cette troisième « oreille dans le cœur » en écoutant la poésie et la musique étudiées dans ce manuel et offertes par les deux artistes : Joséphine Bacon, poétesse innue originaire de Pessamit, et Chloé St-Marie, musicienne et comédienne québécoise.[ii] Pessamit, l’une des neuf communautés innues « reparties le long du côte nord du Fleuve Saint-Laurent […] s’est acquis une réputation enviable sur le plan de la promotion de sa culture et de sa langue », en grande partie grâce aux efforts des artistes de grand talent comme Joséphine Bacon.[iii] La poétesse et la chanteuse travaillent sur la scène mondiale parmi un nombre grandissant d’artistes innus qui contribuent de façon importante à la poésie et à la musique contemporaines. Leurs ouvres sont un puissant moyen d’expliquer et de transmettre les relations entre la langue, la mémoire, la terre, la famille et la communauté, et elles démontrent incontestablement que la poésie et la musique forment une médecine naturelle et efficace. Après tout, que serait la vie sans lyrisme, sans musique ?

Le troisième recueil de poésie de Joséphine Bacon, Bâtons à message, Tshissinuatshitakana, transmet avec beauté et simplicité la solidarité, le partage et l’entraide ancrés dans l’histoire et les croyances des Premières Nations du Nord. L’auteure partage avec une de ses louves son savoir traditionnel, tout en invitant au dialogue ; elle nous verse un thé métaphorique. L’écrivaine, Laure Morali, écrit dans la postface que le livre bilingue de Joséphine Bacon est « destiné tout autant aux Innus qu’aux lecteurs de la francophonie. En un recueil, elle ouvre les bras entre les mondes » (p. 136). En effet, chaque poème apparaît, d’un côté de la page, en innu-aimun et, de l’autre côté, en français, ce qui contribue aussi à la promotion et la préservation de cette langue appartenant à la famille algonquine. Les chansons de Chloé St-Marie, étant elles-aussi destinées aux auditoires de mondes différents, sont les fruits d’une intime collaboration avec la poétesse. Cette collaboration, avec sa dimension métissée, a mené à un acte de création littéraire et musicale entièrement nouvelle. Un véritable tour de force, la carrière de Chloé St-Marie, tout comme celle de Joséphine Bacon, s’étend sur plus de trois décennies. Faute de pouvoir inclure la montagne d’information biographique et bibliographique disponible sur ces deux artistes, nous renvoyons nos lecteurs à l’éventail de documents et de sites Internet consacrés à leur vie et à leurs ouvrages, dont quelques-uns sont mentionnés à la fin de ce module.

La collaboration éblouissante entre la poétesse et la chanteuse ne manquera pas de « pleurifier » ( purifier par des pleurs) tout cœur compatissant : comment écouter leur musique sans verser une larme pour tout ce qui a été perdu, la dépossession, la sédentarisation forcée, les humiliations subies du gouvernement et des mains de ses fonctionnaires, la colère et la douleur cent fois ravalées ? Leur collaboration représente une rencontre personnelle et culturelle, un véritable métissage linguistique et stylistique : Joséphine Bacon écrit en innu-aimun et traduit ses œuvres en français avec l’aide des auteurs tels que Laure Morali, tandis que Chloé St-Marie chante principalement en français et en innu-aimun. Une telle rencontre offre aux auditeurs l’occasion unique de témoigner du pouvoir bouleversant de l’amour exprimé sous forme lyrique. L’amour du Créateur, de la Terre-Mère, de la nature, de la communauté, de la famille, de soi-même… Toute cette émotion refait surface lorsqu’on écoute les paroles versifiées de la poétesse et la voix éthérée de la chanteuse. Leurs esprits se tissent comme les brins d’une longue tresse rattachant les mots à la terre tout en les reliant au ciel. Les artistes ne se tendent pas seulement la main de l’amitié, elles l’offrent aussi à autrui.

Pour les amateurs de poésie et de musique, écouter leurs chansons collaboratives Mishapan Nitassinan et Je sais que tu sais offre l’opportunité de partager la souffrance des Premières Nations, à condition d’être prêt à entendre des accusations dures mais justes envers tous ceux qui ont participé directement ou indirectement au grand projet de colonisation, et représente un appel à l’action lancé par la voix fatiguée, mais nullement résignée, de Joséphine Bacon à la fin de sa dernière chanson : « n’attends pas que je me fâche, telle une tornade. N’attends pas que je me libère de mes chaînes ». Son ton reflète celui de l’auteur d’Un voyage dans le temps, Mathieu André, décrit par Diane Boudreau de la façon suivante : « Ses admonestations ne sont ni méchantes, ni violentes, mais le ton est inflexible. »[iv]  La question est de savoir, de ne pas attendre pour quoi le faire, d’écouter, de participer à un dialogue, d’apprendre, de faire preuve d’empathie, d’agir avec solidarité, de demander pardon… En réalité, cette phrase évoque toutes les actions nécessaires pour fouler le chemin de la réconciliation.

Il a fallu attendre jusqu’aux années 1990, c’est-à-dire la période où les derniers pensionnats indiens fermèrent leurs portes, avant de voir les premières publications de poésie autochtone en langue française ciblant le grand public. Les raisons de ce délai sont complexes et pour le moins tragiques. Pour sa part, Maurizio Gatti affirme qu’en lisant l’Histoire de la littérature amérindienne au Québec et qu’après avoir entrepris des recherches dans ce domaine, il s’était « convaincu que les Amérindiens au Québec étaient opprimés et dépossédés et que leur littérature était volontairement marginalisée. »[v] Nous pouvons espérer que la déferlante de ces productions est bel et bien déclenchée et que les lecteurs autochtones et non-autochtones s’y intéressent, car il reste encore un tsunami de vérités à dire et de sagesse à léguer aux jeunes générations. Nous présentons uniquement la poésie de Joséphine Bacon sans vouloir éclipser d’autres poètes écrivant en français, surtout ceux qui ont creusé le chemin de leurs propres pieds : Éléanore Sioui, Rita Mestokosho, Charles Coocoo, Myra Cree, Jean Sioui, Sylvie-Anne Sioui-Trudel, Romeo Saganash, Maya Couisineau-Mollen, Alice Jérôme, Natasha Kanapé Fontaine, Laure Morali, Louis-Karl Picard Sioui et tant d’autres.[vi]  La lutte de chaque poète autochtone, qui arrive à se faire publier en français, est simplement trop importante et le corpus trop petit, pour qu’on l’ignore.

Quant à la musique autochtone, elle s’avère dynamique, diverse et en plein essor, couvrant un large éventail de genres allant du pow-wow au hip-hop. L’histoire et les enjeux de la scène musicale autochtone ont été examinés par Anna Hoefnagels et Beverly Diamond, avec la collaboration de plusieurs auteurs autochtones du Québec, dans leur livre Aboriginal Music in Contemporary Canada. Nous verrons plus tard que l’une des pionnières de la musique amérindienne, étudiées dans leur livre, Buffy St-Marie, continue à incarner la musique autochtone. Dans le présent manuel, nous mettons la lumière sur la musique d’une autre St-Marie, sans rien vouloir enlever ni aux musiciens pionniers tels que Florent Vollant, Claude McKenzie et Sylvie Bernard, ni aux musiciens autochtones contemporains tels que ceux qui figurent sur le site Musique Nomade.[vii] En effet, ce module ne représente qu’un très humble point de départ écrit dans l’intention d’offrir aux étudiants et aux professeurs des pistes de découverte, de recherche, de réflexion et d’appréciation musicales.

Comme pour le module précédent, nous posons dans la section suivante des questions incitatrices pour guider le lecteur à travers les sections du recueil Bâtons à message, puis à travers les paroles des chansons, en donnant parfois des indices sans pour autant offrir de réponses définitives. Les interactions entre les textes poétiques et leurs lecteurs ainsi qu’entre la musique et ses auditeurs sont bien trop complexes et intimes pour que nous osions y interférer.

Hore:nho:t, Raterennotha›, Tehalihwákhwa›, Hodę:nó:da, Hatënotha›, Ra’nwę’è:ręh, Dekanogi’a, Thegnehoaca………….. Chante ![viii]

 

Bâtons à message, Tshissinuatshitakana

Avis aux professeurs : Si vous avez besoin du savoir complémentaire afin d’aider les étudiants à répondre adéquatement à certaines de ces questions, de façon sensible, n’hésitez pas à consulter un(e) gardien(ne) du savoir autochtone dans votre communauté où à nous contacter.

1) Décrivez l’image de la poétesse sur la couverture. Que voyez-vous sur son visage, particulièrement dans ses yeux ?

2) Qu’est-ce qu’un bâton à message ? Quelle est son utilité dans une société traditionnellement nomade qui vit de chasse, de pêche et de cueillette ?

4) À qui l’auteure dédie-t-elle son recueil ? Quelles valeurs ce choix affiche-t-il ?

5) Expliquez comment plusieurs phrases de la préface reflètent les croyances du peuple innu : « Les arbres ont parlé avant les hommes » ; « Mon peuple est rare, mon peuple est précieux, comme un poème sans écriture » ; « Mon grand-père a joué du teueikan à l’âge de quatre-vingt-huit ans, trop jeune, disait-il, pour en jouer » ; « Rêve, tu m’emportes dans le monde des visions qui chantent ma vieillesse » (p.8). Demandez directement à un membre de la communauté innue ou lisez l’ouvrage d’un historien innu pour découvrir la réponse.

6) Chaque poème du recueil est publié en français du côté gauche et en innu-aimun du côté droit. Quel est l’effet de ce choix stylistique, étant donné qu’on lit de gauche à droite ? Comment une telle publication aide-t-elle à préserver et promouvoir la langue innue-aimun ?

7) Étudiez les figures poétiques dans Bâtons à message : la structure visuelle des mots sur la page, la longueur des poèmes, le rythme, les rimes, etc. Pourquoi la poétesse a-t-elle choisi de laisser beaucoup d’espaces blancs sur la page ? Pourquoi a-t-elle écrit quelques poèmes de quatre vers seulement ? Trouvez-vous les vers et les strophes équilibrés ? La rime est-elle plus évidente en français ou en innu-aimun ? Proposez une explication pour cette différence.

8) L’autre Nord / Nanim :

Ÿ Décrivez le ton global de cette section (pourrait-on parler de nostalgie, par exemple ?).

Ÿ Qui est « la femme de l’espace » honorée par la narratrice aux pages 12-13 ? Qui est Papakassiku ? Faites des recherches sur cette figure centrale de la culture innue, si vous ne la connaissez pas. Voir aussi les poèmes aux pages 38-39, 44-45 et 48-49.

Ÿ Quelles sont les quatre nations dont parle l’auteur aux pages 28-29 ? Faites des recherches sur le symbolisme des couleurs, des éléments, des directions et du cercle dans les poèmes.

Ÿ Quel type de mots trouvez-vous dans ces poèmes, en pensant au champ lexical de la nature ? Ces mots sont-ils masculins ou féminins, animés ou inanimés en innu ?[ix]

9) Les Maîtres / Utshimauat :

Ÿ Qui sont les Maîtres et comment se distinguent-ils (ou -elles) les uns des autres ?

Ÿ Comment la relation entre l’âme et le cœur est-elle établie dans ces poèmes ?

Ÿ Quel est le ton du poème dédié à la mère de la poétesse aux pages 40-41 ?

10) Famine / Niuniun :

Ÿ De quelle sorte de famine la poétesse parle-t-elle ? Quelles en sont les causes ?

Ÿ Qui sauva la narratrice de sa faim ? Comment ?

11) Moelle / Uinn :

Ÿ Si le titre, Moelle, fait référence à la moelle des os de la narratrice, que contient-elle à l’intérieur ?

Ÿ Peut-on dire que le style économe du premier poème provoque un choc ?

Ÿ Quelle est la valeur de la répétition du mot « silence » ? De quelle sorte de silence s’agit-il ? Quelle en est la source ?

Ÿ Quelles sont les conséquences les plus graves de la confusion identitaire exprimées dans le poème aux pages 58-59 ?

Ÿ Quel souhait la narratrice exprime-t-elle à la fin du poème aux pages 60‑61 ?

Ÿ Quel lien s’établit entre l’amour et l’acte de raconter aux pages 62-63 ?

Ÿ Pourquoi l’amour peut-il courber le dos ?

Ÿ Comment une enfant survivante des pensionnats peut-elle perdre les traces de sa propre vie ? Quelles en sont les conséquences ? cf. pp. 68-82.

Ÿ Que préfère l’auteur à un manque de respect envers la terre, les animaux et son peuple ? Quel système de croyances la répétition de l’impératif révèle-t-elle ? cf. pp. 84-85.

12) Mer / Uinipeku :

Ÿ Les poètes exploitent souvent les homonymes mer et mère pour établir une équivalence entre la majesté de la mer et celle de la mère. Examinez la valeur de cette équivalence, qui se poursuit au travers des poèmes de cette section, en tenant compte du fait que l’auteure a perdu sa propre mère ainsi que son accès à la mer à un très jeune âge (son lieu de naissance, Pessamit, se situe à environ 50 kilomètres de Baie Comeau).

13) Médecine / Nitshimui-natukana :

Ÿ Qui est Carcajou ?

Ÿ En 2010, Le poème « dessine-moi l’arbre que tu es », cf. pages 108‑109, a gagné le Prix des lecteurs du Marché de la Poésie de Montréal. À votre avis, comment ce poème a-t-il atteint le cœur des lecteurs ?

Ÿ Voyez-vous une prière parmi ces poèmes ? Laquelle ?

Ÿ Pouvez-vous y trouver les champs lexicaux de la lumière, de la vision et du rêve ? Quelle est la relation entre ces champs lexicaux et la notion guide de la médecine ?

Ÿ Engagez un projet de recherche sur l’Haudenosaunée et les clans iroquois, afin de mieux comprendre le poème aux pages 120-123.

Ÿ Montrez comment les aînés sont respectés dans ces poèmes, en commençant par le vers « tu deviens l’ancêtre de tes ancêtres » aux pages 126-127.

Ÿ Expliquez comment le dernier poème du recueil met en valeur tous les efforts que l’auteure a déployés pour s’exprimer, tout en lançant un défi aux autres, cf. pp. 130-131.

14)  Dans la Postface, l’auteure Laure Morali expose des détails douloureux concernant le vécu de la famille Bacon. Lisez d’abord la postface, puis reconsidérez l’image de la couverture. Voyez-vous l’image de la poétesse de la même façon qu’au début ? Comment votre perception a-t-elle changé ?

15) Organisez les mots du lexique de la page 139 en catégories. Quelle famille de mots l’auteure a-t-elle voulu préserver ? Que révèle ce choix ?

16) Considérez les propos de Kaarina Kailo de l’Académie de Finlande : « Dans le climat anti-spirituel de la société de consommation qui est la nôtre, du globalisme des valeurs économiques unidimensionnelles et matérialistes, les discours du Nord exprimés par les peuples autochtones semblent répondre à une lacune et combler un vide intérieur. Le Nord deviendrait aussi l’espace géo-psychique imaginaire de nos désirs d’appartenance dans un monde mono-culturel et vide de signification existentielle. »[x] Comment la poésie de Joséphine Bacon contribue-t-elle à « combler un vide intérieur » ?

Mishapan Nitassinan

1) Identifiez le thème principal de cette chanson.

2) Quelles émotions cet air évoque-t-il en vous ?

3) Les mots amérindiens employés pour nommer des endroits du continent, que nous appelons aujourd’hui l’Amérique du Nord, sont-ils organisés selon une logique alphabétique, géopolitique, linéaire, cardinale ou autre ? Que suggère le remuage évident ?

4) Décrivez les éléments poétiques et musicaux qui s’entrelacent pour contribuer à la beauté de cette chanson.

5) Cette chanson, change-t-elle votre perception du territoire où vous marchez ? Comment ?

Je sais que tu sais

1) Quel est l’impact de la poésie recitée au début de la chanson ?

2) À qui le pronom « tu » fait-il référence ?

3) Croyez-vous que l’emploi de « tue », comme homonyme de « tu », soit une coïncidence dans cette chanson, étant donné son thème ? 

4) Résumez les injustices et les crimes commis par le « tu » en question.

5) Écoutez d’autres chansons du collectif Légendes d’un peuple et décrivez comment elles projettent, dans l’ensemble, une nouvelle lumière sur l’histoire du pays.

Conclusion

La musique et la poésie autochtones ont le pouvoir d’ouvrir nos cœurs et de nous rapprocher de « toutes nos relations » et du Grand Esprit. Depuis la nuit des temps, la musique est un moyen sacré de rassembler et d’unifier les familles, les communautés et les nations, de prier le Créateur et de se guérir individuellement et collectivement. Récemment, les poètes et les musiciens autochtones emploient leur art pour raconter leur histoire, leur vérité et leur souffrance, et pour encourager la compréhension et la solidarité entre les peuples. Par ailleurs, la poésie et la musique font partie de l’arsenal de résistance contre l’État, l’Église et l’establishment en général. Ces genres artistiques ont le pouvoir d’informer, d’attendrir, de motiver et de mobiliser les gens qui sont prêts à changer les choses, à travailler pour la justice sociale et un avenir meilleur. Pour certains, la musique autochtone représente une avenue bidirectionnelle pour une identité ancrée dans la tradition et pour une nouvelle identité pleine de possibilités. Malgré l’importance évidente de la musique autochtone, très peu de place est actuellement faite aux artistes autochtones du Québec. Espérons que cela changera avec les efforts de différents organismes tels que le service musical multiplateforme canadien Stingray et le Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN). [xi]

En guise de conclusion, nous voudrions attirer l’attention de nos lecteurs sur les vidéos accessibles sur YouTube et proposées dans chaque module de ce manuel. Ces vidéos combinent les œuvres et les paroles de l’artiste métisse Meagan Lowes avec la musique de son père, David Lowes, qui a collaboré avec le compositeur Douglas Morton de Native Voices of America. En partageant généreusement leurs talents extraordinaires pour créer les œuvres originales de ce manuel, ces artistes ont su amplifier leurs connections, déjà profondes, l’un à l’autre, à leur culture et à l’Esprit. Nous espérons qu’ils serviront d’exemple et d’inspiration pour tous ceux qui seraient tentés d’explorer et d’affirmer leur identité en explorant l’art visuel, la poésie ou la musique autochtones.

[i] Archibald, Jo-Ann / Q’um Qu’um Xiiem,  Indigenous Storywork : Educating the Heart, Mind, Body and Spirit. Vancouver : UBC Press, 2008, p. 7

[ii] http://www.lebatondeparole.com/pages/general/histoire/les-personnages-d-…

[iii] Simard, Janick, Gaudreault, Denise, et. al. Amérindiens et Inuits : Portrait des nations autochtones du Québec 2e édition. Gouvernement du Québec, 2011, p. 26. www.autoctones.gouv.gc.ca

[iv] Boudreau, Diane. « L’écriture appropriée », Liberté, vol. 33, numéro 4-5 (196-197) 1991, pp. 58-80. Citée à partir de la version en ligne qui se trouve à l’adresse suivante : http://id.eridit.org/iderudit/60535ca., p. 62.

Information bibliographique pour l’ouvrage d’André Mathieu : « Un voyage dans le temps », récit recueilli par Luc André, Rencontre, SAA, vol. 8, numéro 1, 1986 p. 14-15.

[v] Gatti, Maurizio, Littérature amérindienne du Québec : Écrits de langue française. Montréal : Éditions Hurtubise, 2004.

L’auteur fait référence à l’essai suivant : Boudreau, Diane, Histoire de la littérature amérindienne du Québec : oralité et écriture. Montréal: L’Hexagone, 1993.

[vi] La plupart de ces poètes sont inclus dans l’anthologie de Maurizio Gatti.

[vii] https://musiquenomade.com/

[viii] Traduction de « chante » en cayuga, mohawk, oneida, onodaga, seneca, tuscarora, cherokee, laurentien (langue disparue). http://www.native-languages.org/famiro_words.htm

[ix] Pour en savoir plus, voir le document suivant : http://www.innu-aimun.ca/pages/wp-content/uploads/2011/02/ILP-Innu-and-E…

[x] Kailo, Kaarina, « Éléonore Sioui et l’altérité littéraire. Discours hybride, discours nomade. http://www.archipel.uqam.ca/10126/½22022589.pdf, p. 228.

[xi] http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1048115/musique-autochtone-stingray-…

Bibliographie: 
Article de l’Encyclopédie Historica Canada sur la musique autochtone : http://encyclopediecanadienne.ca/fr/article/la-musique-des-premieres- nations/
Site officiel de Chloé St-Marie http://www.chloesaintemarie.com/?c=accueil
Profil de Chloé St-Marie http://www.lebatondeparole.com/pages/general/histoire/les-personnages-d-hier-et-d-aujourd-hui/chloe-sainte-marie-chanteuse-d-origine- algonquine.html
Musique Nomade https://musiquenomade.com/
Tribal Spirit Music https://tribalspiritmusic.com/
National Arts Centre Teacher’s Guide (English) http://artsalive.ca/pdf/mus/map/Indigenous-Teacher_Guide_en.pdf
Éléonore Jiconsaseh Sioui, Corps à cœur éperdu, édition trilingue, Val d’Or (Québec), D’ici et d’ailleurs, 1992, p.47.
http://www.nativelynx.qc.ca/musiques/
Miam Maikan de Florent Vollant https://www.youtube.com/watch?v=EZHwHyuSn5c