Module 4 : Contempler la vie sur une réserve en lisant un roman

Texte étudié

ŸKuessipan : À toi de Naomi Fontaine

 

Accès

Fontaine, Naomi, Kuessipan : À toi. Montréal : Mémoire d’encrier, 2011

★Les numéros de pages dans le guide d’apprentissage se réfèrent au format poche, 2017

ISBN 978-2-923713-54-0

Pour la traduction anglaise de David Homel, Kuessipan : To youISBN 978-1-551525-18-1

Kuessipan est aussi disponible comme e-Book (livre électronique)

-Version française Kindle publiée par Serpent à plumes en 2011, ASIN B0132X97B4

-Version anglaise Kobo publiée par Arsenal Pulp Press en 2013, ISBN 978-1-551525-18-1

Film de Myriam Verreault, Max Films Inc., à sortir en 2018.

Guide d’apprentissage

Introduction

Les gens ne frappent pas à la porte pour entrer, accoutumés à la chaleur d’un foyer, à la souplesse des toiles sur une tente. Seul un inconnu frapperait. Mais ils sont rares. Ils ne s’aventurent pas sur une réserve.

– Naomi Fontaine

 

Naomi Fontaine est professeur de français et membre fière de la Nation innue de Uashat-Maliotenam, qui se situe à deux endroits près de Sept-Îles, Québec. Elle a publié son premier roman, Kuessipan,  À toi, en 2011, et son deuxième auto-fiction, Manikanetish, qui suit le trajet d’une jeune femme retournée à Uashat pour enseigner le français, en 2017. Kuessipan a reçu un excellent accueil au Québec et ailleurs, et a reçu la mention honorable du Prix des cinq continents de la francophonie en 2012, avant d’être traduit en anglais par David Homel en 2013. Au moment de la publication du présent manuel, Myriam Verreault de Max Films Inc. est en train de préparer, en collaboration avec Naomi Fontaine, le tournage d’un un film de langue française inspiré de ce roman de grande beauté. Verrault prévoit une sortie pour l’automne ou l’hiver 2018 pour son film, qui fera sans doute la tournée des plus grands festivals du cinéma.[i] Il illustrera, à partir de l’œuvre de Fontaine, la vie innue à la Côte Nord du Québec, la grande fierté d’une communauté forte, marquée par les drames ayant leurs racines dans le système des pensionnats, et le questionnement identitaire que peuvent vivre les Innus en regardant les chemins qui leur sont ouverts, à la réserve et ailleurs.

En lisant la série de tableaux méditatifs brossés par Naomi Fontaine en prose restreinte, les lecteurs remarqueront avant tout la force et la fierté des familles innues, ainsi que la beauté de leur culture, caractérisée depuis des milliers d’années par le courage, la détermination, la gentillesse et l’entraide. Classifié comme roman, Kuessipan se lit plus comme une série de poèmes en prose presque entièrement dénudés de dialogue, qui affichent avec tendresse, mais sans concession aucune, le caractère, les mœurs, les sentiments, et les passions d’une jeune Innue qui négocie avec courage les va-et-vient entre la réserve et la ville, tellement communs pour les gens d’Uashat-Maliotenan. Malgré le point de vue presque documentaire, le temps et l’espace restent aussi flous que la scène de la couverture du roman, qui est obscurcie par la brume. L’auteur fait confiance à la force des jeunes, munis du savoir innu traditionnel, pour traverser l’obscurité.

Au cours du roman, la vie moderne ressort comme une sorte d’énigme que les générations à venir ne sauront résoudre qu’en retraçant le chemin de leurs ancêtres nomades. Le titre, Kuessipan, qui veut dire À toi en français, fonctionne donc comme une invitation pleine de gentillesse de compassion. Destiné à un lectorat pluriel, ce roman lumineux offre, d’une part, aux lecteurs non-Autochtones, l’occasion rare et précieuse d’entrer dans l’espace imaginaire d’une réserve, tout doucement, comme ceux qui sont habitués à « la souplesse des toiles sur une tente ». D’une autre part, il ouvre un dialogue très complexe à une nouvelle génération d’Innus, en invitant symboliquement la jeunesse autochtone à remplir de leur propre façon les espaces vides sur la page, à combler les silences laissés par les blessures du passé.

Comme pour les modules précédents, nous proposons une série de questions mobilisatrices afin de déclencher la discussion, en espérant que les professeurs et les étudiants qui utilisent ce manuel en ajoureront d’autres et manifesteront la curiosité de vouloir chercher des réponses justes et sensibles.

Tshitutetau -  Allons-y![ii]

 

Avis aux professeurs : Si vous avez besoin du savoir complémentaire afin d’aider les étudiants à répondre adéquatement à certaines de ces questions, de façon sensible, n’hésitez pas à consulter un(e) gardien(ne) du savoir autochtone dans votre communauté où à nous contacter.

Nomade

Dédicace : À qui l’auteure dédie-t-elle son roman ? Quelles valeurs cette dédicace révèle-t-elle ?

p. 9, l’incipit : Comment l’auteure exprime-t-elle ses intentions et ses rêves au cours de l’incipit (les premiers mots de l’œuvre) ? Qui est l’homme au tambour ?

p. 10,  Décrivez l’ambiance de cette scène. Décernez un champ lexical (un groupe de mots thématiques reliés) de la brume, du brouillard, des nuages et du manque de visibilité. Avez-vous l’impression que l’auteur établit ici un contrat de lecture ?  Autrement dit, jette-t-elle au début du roman les bases d’une narration flou et parfois difficile à suivre ?

p. 11, Qui est la fille au ventre rond ? Décrivez sa situation.

p. 12, Quel est l’effet de ce passage staccato qui souligne une série de traumatismes personnels mais répandus, tous découlant des blessures de la colonisation ?

p. 13-14, Quel défi social réel l’image de l’homme « trop jeune pour la boîte » révèle-t-elle ? Que savez-vous à propos de la santé autochtone ? Que savez-vous à propos des coutumes innues ? Quelle croyance les mots « je ne suis jamais loin » révèlent-ils ? Faites des recherches sur la santé autochtone et la spiritualité innue avant de répondre à ces questions.[iii]

p. 15-16, La narratrice, comment ressent-elle la souffrance de sa cousine ? Pourquoi ?

p. 16, Pourquoi l’auteure veut-elle « écrire le silence » ?

p. 17, Expliquez pourquoi le personnage, « Il regrette. Il aurait dû lui demander qui est sa mère. » Qu’a-t-il oublié en posant sa question, ce personnage ?

p. 18-19, Comment le thème du travail précaire et ses effets est-il développé de façon économe et efficace au cours de ce passage.

p. 20, Devinez la raison derrière toutes ces lettres.

p. 21 – 22, Juxtaposez dans ce passage deux champs lexicaux : celui du pouvoir curatif de la nature par rapport à celui du chaos de la modernité.

p. 23, Quel contraste voyez-vous entre la dernière phrase à la page 22, « Nomade : j’aime concevoir cette manière de vivre comme naturel » et le titre du prochain chapitre, « Uashat » (Réserve).

Uashat

p. 23, Que veut dire le mot innu Uashat ?

p. 25, Comment la langue innue est-elle décrite ?

p. 26, Quelle sorte de mots innus l’auteure choisit-elle de mettre en évidence dans ce passage ? De quel phénomène naturel la narratrice parle-t-elle dans le deuxième paragraphe ?

p. 27-28, Lorsque la narratrice dit que « les sirènes ne font peur à personne », à quelle réalité fait-elle référence ?[iv] Pourquoi les filles, par contre, ont-elles tellement peur ?

p. 29-30, Quels symboles l’auteure emploie-t-elle pour établir un contraste entre la vie urbaine et la vie à la réserve ? Soulignez les différences principales.

p. 31-32, Expliquez le paradoxe exprimé au cours de ce passage, en ce qui concerne les rêves échoués ?

p. 33, Quelle injustice l’auteur souligne-t-elle par la phrase « Mais qui a déjà vu Paris ? ». Comment les Blancs sont-ils représentés ?

p. 34, Comment la liste de noms des rues à la réserve ressemble-t-elle à la liste de noms des villages par lesquels la narratrice passe ? Quel fait historique cette ressemblance révèle-t-elle ? Expliquez l’ironie de la phrase « Si l’on n’est pas Indien, le détour est inutile. »

p. 35-39, Décrivez les défis auxquels les femmes de la communauté font face, et comment elles le font. Comment l’auteur réveille-t-elle l’empathie du lecteur / de la lectrice au cours de ce passage ?

p. 40, Décrivez les conditions de vie de l’adolescente dans ce passage.

p. 41, Quel est le ton dominant de ces paragraphes qui décrivent le trajet d’une famille le long de la rive ?

p. 42-43, Comment l’auteure présente-t-elle le mariage entre l’Innu et la femme blanche ? Quelle est la figure de style employée dans la phrase « langue très seconde ! » pour marquer la distance culturelle entre le maître de la cérémonie atikameku et la femme blanche.

p. 44, Quel aspect central la culture innue cette scène révèle-t-elle ?  Quelles émotions sont évoquées, et comment ?

p. 45, D’où vient la beauté de cette description du lac près de Tadoussak ? Trouvez-vous les paroles émouvantes ? Que ressentez-vous précisément ?

p. 46, Considérez la sagesse de la phrase, « Le silence fait du bien à celui qui l’écoute et parfois même, on peut entendre le saumon qui remonte la rivière. » Quel enseignement traditionnel est partagé ici ?

p. 47-48, Considérez toutes les images des barricades dans ce passage. Pourquoi les nouvelles clôtures n’empêchent-elles pas que les gens « continuent de passer droit ». Quel refus ce comportement symbolise-t-il, dans un contexte plus large ?  Que veut dire la phrase « La ville s’arrête là où la réserve commence » ?

p. 49, De quelle « querelle de famille » la narratrice parle-t-elle ? Entre qui ? D’où vient cette querelle religieuse ? Voyez-vous dans cette phrase une ouverture à la réconciliation ou non ? Expliquez.

p. 50, Quelles normes observe-t-on dans ce passage concernant la mort ?

p. 52, Quel est l’effet de l’ensemble des images du foyer de la narratrice ? Étudiez, par exemple, les juxtapositions, «Du chocolat fondu dans un cafetière. Quelques bières à peine achevées sur une table. », « La chaleur des couvertures dans une chambre mal chauffée. Les draps défraîchis par l’usure des nuits communes. », « Quelques rires. Quelques soupirs. »

p. 53, Quel phénomène écologique l’image de la forêt incendiée évoque-t-elle ? Quel thème relié à la survie des cultures autochtones l’auteur développe-t-elle indirectement ?

p. 54, Quelle réalité socioéconomique l’image de la maison négligée évoque-t-elle ? Faites des recherches sur la nécessité des logements sûrs dans les communautés autochtones.

p. 55-56, Dans la scène où la salle communautaire est construite, puis démolie quelques années plus tard, comment le repas mentionné, « Du caribou, de la perdrix, des pâtes à la viande, du lièvre » aide à établir un sens de l’ironie, en combinaison avec la description du bâtiment qui n’avait « pas de solage. Juste une charpente rectangulaire avec une façade et des frontons de bois. » ?

p. 57, Qui est « la Sainte-Marie » ? Pensez au module sur la musique autochtone.

p. 58, Comment l’auteur développe-t-elle, au cours de trois courtes phrases, le thème du déracinement, l’une des ravages continus de la colonisation ?

p. 59, En regardant les chalets d’été, la petite fille se demande, « Qui s’amuserait à construire de si jolies choses sans raison, pour les laisser vieillir, inhabitées ? » Comment cette question révèle-t-elle, à un niveau plus profond, le décalage entre les valeurs traditionnelles autochtones et les valeurs des colonisateurs du « nouveau monde » ?

p. 60-61, Dans ce passage, l’auteur décrie, sans concession aucune, l’une des conséquences les plus désastreuses de la colonisation… D’où vient le sentiment de lassitude qu’incarne le jeune homme sans nom ?

…Décrivez votre propre réaction à la première moitié de ce roman.

Nutshimit

p. 63, Que veut dire Nutshimit ?

p. 65-66, À quel « intérieur des terres » le titre se réfère-t-il ? Quels points de repère définissent les terres ancestrales ? L’auteur établit quatre équivalences pour le mot « Nutshimit » afin de peindre un portrait des terres ancestrales. En regardant le champ lexical, tentez d’exprimer l’essence du mot « Nutshimit ».

p. 67-68, Quel est la valeur du train pour le peuple innu ?

p. 69, D’où revient l’enfant ? Quel est le ton du paragraphe ? Pourquoi est-il si court et isolé (plutôt que d’être entouré par d’autres paragraphes)?

p. 70, Quel sentiment voyez-vous dans le sourire à bouche fermée de la petite femme brune, qui se marie à l’homme au sourire ambitieux (dont les vêtements suggèrent la culture « blanche ») ? Quelle est la différence entre ces deux sourires ?

p. 71, Décrivez l’énergie de ce paragraphe. D’où vient la fierté masculine ?

p. 72, Quel changement voit-on du début jusqu’à la fin de ce paragraphe ? Quel est l’effet de ce contraste marqué ? Le lecteur ou la lectrice, que pourrait il ou elle ressentir envers la personne qui éprouve le « black-out » ? Pourquoi ?

p. 73, Expliquez la phrase « ce qui fait de lui un Indien ». Pour qui « le vieil homme à la peau blanche » serait-il un Indien ? Qu’est-ce qui entrave donc la communication entre « les récalcitrants » et le « Chef d’État » ?

p. 74, Tracez en cinq étapes la métamorphose de la femme extraordinaire qui choisit de « suivre le chemin de ses ancêtres ».

p. 77, Vous identifiez-vous au « je » qui dort dans une tente ? Comment ?

p. 78, À qui l’auteure rend-elle hommage dans ce passage ? Quelles qualités et quels comportements admire-t-elle ?

p. 79, La narratrice équivaut « le travail des mains » du « survivant » à « un cœur ». Comment cette équivalence préconise-t-elle le refus d’Anishakan de « quitter cette parcelle de terre » selon la volonté des « gens de la ville » ?

p. 82, La narratrice souligne l’importance primordiale de sa grand-mère en décrivant les parties de son le corps. Expliquez comment cette petite femme qui s’occupait « à tenir sa maison, à faire du pain, à coudre des mocassins, à broder des fleurs, à tendre la babiche sur les raquettes » joue un énorme rôle dans la vie de sa famille.

p. 84, Les mots « Deux mois qu’elle joue à la maman » contrastent violemment avec la réalité vécue de la jeune mère. Expliquez.

p. 85, Pourquoi les jeunes filles d’Uashat veulent-elle toutes avoir des enfants ?

p. 86, La jeune fille de quinze ans, rêve-t-elle de son enfant sans penser aux conséquences ? Pourquoi le rêve persiste-t-il donc ?

p. 87, Le lecteur ou la lectrice, ressent-il ou elle de la compassion envers la jeune fille qui boit ? Pourquoi ou pourquoi pas ?

p. 88, Expliquez, selon vous connaissances de la culture innue, pourquoi le fait apprendre à pêcher à 20 ans veut dire « très tard dans la vie ». Faites des recherches, si nécessaire.

p. 89, Que veulent dire les mots innus nimushum et nukum ?

p. 90, Que veut dire le mot banique ?

p. 92, L’alimentation et l’habillement expriment la différence entre les cultures. Expliquez la valeur symbolique de la nourriture et des vêtements de la Côte Nord dans ce passage.

p. 94, Avez-vous le sentiment d’être grand(e) ou petit(e) par rapport au monde en lisant ce passage ?

p. 95, À quoi sert le caribou dans la culture innue ? Comment s’appelle-t-il en innu ? Faites des recherches sur l’importance spirituelle du caribou ; remarquez que les animaux sont, pour les autochtones, des parents méritant autant de respect que les êtres humains.

p. 97, Le personnage qui prend le train, où va-t-il, à votre avis ?

Nikuss

p. 99, Que veut dire Nikuss ?

p. 101, À quel mode de vie concret pourrait-on associer la croyance ancienne exprimée à la fin de ce passage : « Il y a une croyance très ancienne chez les Innus. Ils disent que si un père n’a jamais vu son enfant, c’est que cet enfant possède un don. »

p. 103, Que symbolise la perte du petit bois aux framboises et aux bleuets derrière la maison ?

p. 105, Que symbolise la couleur rouge dans cet épisode où la jeune mère retourne à la réserve, c’est-à-dire au foyer, avec son fils ?

p. 106, Quelles sont les émotions dominantes de la jeune mère lorsqu’elle se trouve chez elle ?

p. 107, Quel prix la narratrice doit-elle payer pour ses sentiments de surpuissance, d’invulnérabilité et de vanité lorsqu’elle cherche à être « maitresse de [sa] maison » ?

p. 108, Quel est le ton dominant de ce passage où la narratrice réfléchit sur sa vie, peu après la naissance de son bébé ?

p. 110, Pourquoi la jeune femme est-elle tellement reconnaissante des mots de l’inconnu qui lui dit qu’elle a les yeux de son père ? Quel désir profond l’auteure dévoile-t-elle lorsqu’elle écrit, « C’est un vrai Innu, c’est certain. »

p. 111, Pourquoi l’auteure aurait-elle choisi l’image de l’arbre au moment où la narratrice imagine le dessin que son garçon fera « sur le sable fin de la baie » ? Comment crée-t-elle un sens de l’espoir dans ce dernier paragraphe ?

p. 114, Après la table des matières de Kuessipan se trouvent 6 pages entièrement blanches… Expliquez leur signifiance. Avez-vous jamais vu cela à la fin d’un roman ? Croyez-vous qu’il s’agit d’une technicité du processus d’impression ? Pourrait-on dire qu’elles ajoutent à l’originalité du livre de Naomi Fontaine d’une façon ou d’une autre ? Comment ?

…Avez-vous trouvé ce livre intéressant ? Émouvant ? Motivant ?  Expliquez.

Conclusion

Kuessipan, une auto-fiction ancré dans le réel, représente une rare opportunité de pénétrer dans des espaces intimes souvent protégés : le cœur de l’auteur, la famille, et pour les non-Autochtones, la communauté innue.  S’exprimant avec sincérité, humilité et courage, Naomi Fontaine témoigne, à travers sa fiction, la vraie souffrance des habitants de la réserve, tout en célébrant la force innée et héritée de son peuple, et la beauté de sa culture. Elle vainc ainsi le silence ombré du non-dit et allume le chemin pour les membres de sa famille et de sa communauté qui voudraient inventer et s’exprimer à l’avenir. Sa voix continue à résonner longtemps après qu’on lit la dernière page de Kuessipan; en effet, en lançant le défi, « à toi », elle pousse le lecteur voulu, son fils, à commencer à remplir les pages blanches de son passé, de son présent et de son avenir.  Pourtant, le défi s’adresse à tout(e) lecteur ou lectrice, car le dialogue doit continuer et s’étendre pour qu’on puisse adresser le lourd héritage du système de réserves et envisager un meilleur avenir pour les jeunes Innus qui se trouvent sur le point d’écrire leur propre récit.

Naomi Fontaine ajoute sa jeune voix puissante à celles d’autres auteurs autochtones qui ont rédigé des romans en français (Bernard Assiniwi, Michel Noël, Virginia Pésémapéo Bordeleau, Louis-Karl Picard Sioui, Julian Mahikan, J.D. Kurtness et d’autres), ainsi qu’à celles d’un nombre plus important de romanciers autochtones comme Thomas King, qui écrivent en anglais et sont traduits en français. L’on peut anticiper un élargissement rapide de ce corpus émergeant dans les années à venir.

[i] https://www.lesoleil.com/arts/livres/le-roman-kuessipan-adapte-au-cinema…, 27 janvier 2018.

http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1072180/tournage-kuessipan-film-innu

[ii] En Innu-Aimaitau. Glossaire Innu-Aimaitau (dialectes du Labrador)

http://www.eastcree.org/pdf/InnuLabradorConvManual.pdf

[iii] https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/sante-premieres-nations-i…

Voir aussi, par exemple, Greenwood, Leeuw, Lindsay & Reading, Determinants of Indigenous Peoples’ Health in Canada : Beyond the Social. Toronto : Canadian Scholars’ Press, 2015.

[iv] Voir les statistiques sur l’incarcération autochtone disproportionnée à l’adresse suivante : http://www.oci-bec.gc.ca/cnt/rpt/oth-aut/oth-aut20121022info-fra.aspx

Bibliographie: 
Naomi Fontaine, la Force des Innus, Ici Radio Canada, 5 novembre, 2017 http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1065491/naomi-fontaine-uashat-roman- eleves-innu
Florent Vollant, Retrouver l’Innu en soi, ici Radio Canada 5 mars 2017 http://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/les-grands- entretiens/segments/entrevue/18397/entrevue-florent-vollant-enfant-innus- montagnais
Discussion de Kuessipan sur Unreserved de Radio Canada http://www.cbc.ca/news/unreserved-s-indigenous-reads-book-panel- discusses-kuessipan-by-naomi-fontaine-1.3965457
Desbiens, Marie-Frédérique. Réalité autochtone dans la fiction québécoise http://www.ledevoir.com/culture/livres/455757/les-visages-au-nord-du-nord

Module 4 : Liens utiles et ressources supplémentaires

Titres :

  • Kuessipan : À toi de Naomi Fontaine

Accès :

Fontaine, Naomi, Kuessipan : À toi. Montréal : Mémoire d’encrier, 2011

★Les numéros de pages dans le guide d’apprentissage se réfèrent au format poche, 2017

ISBN 978-2-923713-54-0

Pour la traduction anglaise de David Homel, Kuessipan : To you, 2013 ISBN 978-1-551525-18-1
Kuessipan est aussi disponible comme e-Book (livre électronique)

- Version française Kindle publiée par Serpent à plumes en 2011,

ASIN B0132X97B4

- Version anglaise Kobo publiée par Arsenal Pulp Press en 2013, ISBN 978-1-551525-18-1

Film de Myriam Verreault, Max Films Inc., à sortir en 2018. 

Module 4 : Pistes pédagogiques

 Participer à un cours de sensibilisation qui inclut une visite au centre communautaire ou à l’école d’une réserve que vous n’avez jamais visitée.

 Lire un traité intégral.

 Former un groupe de réconciliation dans votre institution.

 Trouver une école partenaire sur une réserve ou en ville, selon le cas. Demander aux étudiants de participer à un projet de correspondance pour échanger leurs connaissances et leurs expériences.

 Reconnaître, en faisant des recherches, que les écoles autochtones sont moins bien financées que les écoles non-autochtones ; organiser une collecte de fonds pour offrir des fournitures scolaires aux étudiants d’une autre école.v

 Écrire à votre membre du parlement pour insister sur l’importance de la propreté de l’eau, des services de santé et des logements sûrs dans les communautés autochtones.

 Avec l’aide d’un professeur d’éducation en plein air, organiser une randonnée de plusieurs jours et nuits avec le minimum de confort moderne pour apprécier la vie nomade.

 Inviter chez vous un(e) camarade ou un(e) collègue issu(e) d’une autre culture.

 Suivre la marche Innu Meshkenu du Dr Stanley Vollant http://www.innu-meshkenu.com/fr/la-marche/index.

 Questionner le mythe selon lequel l’éducation post-secondaire est universellement et entièrement gratuite pour les autochtones.

http://www.cbc.ca/news/indigenous/debunking-the-myth-that-all-first- nations-people-receive-free-post-secondary-education-1.3414183

 Lire les sections suivantes du livre Indigenous Writes : A Guide to First Nations, Métis & Inuit Issues in Canada, de Tracey Lindberg, auteure de Birdie : 29. Why Don’t First Nations Just Leave the Reserve ? (Reserves are Not the Problem); 31. Our Children, Our Schools (Fighting for Control Over Indigenous Education).

Module 4 : Questionnaire à choix multiple

Instructions:

Lisez Kuessipan, À toi de Naomi Fontaine et le Guide d’apprentissage sur ce site avant de compléter ce questionnaire à choix multiple.

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